Lorsque l’on se demande si la franc-maçonnerie nous convient, quelle obédience choisir et connaitre ce qui se passe dans une loge maçonnique, on se pose beaucoup de questions. Voici quelques éléments de réponse que les frères et sœurs de la loge Solidarité Chelloise vous propose. Et pour approfondir encore votre réflexion cliquez ici
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Adogmatique : pourquoi dit-on que le GODF pratique une FM adogmatique ?
La Franc-Maçonnerie adogmatique n’impose aucune croyance, aucune vérité révélée, aucun credo. Chaque membre est libre de ses convictions philosophiques, religieuses ou politiques.
– Liberté absolue de conscience : Le franc-maçon est souverain dans sa pensée.
– Aucune autorité maçonnique ne peut lui dicter ce qu’il doit croire ou penser.
Rejet des affirmations dogmatiques : La loge est un lieu de débat, non de catéchisme. Les « vérités » y sont toujours discutées, jamais imposées.
Constitution du GODF, Article I : « Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, [la Franc-Maçonnerie] se refuse à toute affirmation dogmatique. »
Conséquences pratiques de l’adogmatisme
Pas de référence obligatoire à un « Grand Architecte de l’Univers » (contrairement à certaines obédiences traditionnelles). Le GODF a supprimé cette référence en 1877, marquant son adogmatisme.
– Ouverture à tous : Les loges adogmatiques accueillent des membres de toutes origines, croyances ou non-croyances, sans discrimination.
– Primauté de la raison et du débat : Les travaux en loge reposent sur la discussion, l’argumentation et la recherche collective, sans recourir à une autorité supérieure.
Distinction avec les obédiences non adogmatiques
Les obédiences traditionnelles exigent la croyance en un être suprême et utilisent des rituels faisant référence à Dieu.
Le GODF et les obédiences libérales, elles, laissent chaque membre libre de ses convictions, qu’il soit croyant, agnostique ou athée.
Référence : « La Franc-Maçonnerie libérale », Alain Bauer, Éditions Dervy.
Assiduité : pourquoi demande t-on à être assidu ?
1. L’assiduité comme engagement envers soi-même
Un travail sur soi continu
La franc-maçonnerie est une école de perfectionnement : elle demande un engagement personnel constant. L’assiduité permet de :
- Progresser dans la compréhension des symboles, des rites et des enseignements maçonniques.
- Développer sa réflexion et sa capacité à remettre en question ses propres certitudes.
- Cultiver la discipline intérieure, indispensable pour avancer sur le chemin initiatique.
« La régularité des travaux en loge est le reflet de la régularité que l’on doit apporter à son propre perfectionnement. » — Oswald Wirth, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, 1949.
Exemple concret : Un apprenti qui assiste régulièrement aux travaux de sa loge aura plus de facilité à intégrer les enseignements symboliques et à avancer vers le grade de compagnon.
2. L’assiduité comme engagement envers la loge
La loge, un espace collectif
La loge maçonnique n’est pas un simple lieu de réunion, mais un espace fraternel et solidaire où chaque membre a un rôle à jouer. L’assiduité permet de :
- Contribuer activement aux travaux, aux débats et aux décisions collectives.
- Soutenir ses frères et sœurs dans leur propre cheminement.
- Maintenir la vitalité de la loge : une loge ne peut fonctionner sans la participation régulière de ses membres.
« Une loge, c’est comme un orchestre : chaque musicien doit être présent pour que la symphonie soit harmonieuse. » — Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, PUF, 2011.
Exemple concret : Un frère qui s’absente régulièrement prive la loge de sa contribution, de son énergie et de sa réflexion, ce qui peut affaiblir la dynamique collective.
3. L’assiduité comme engagement envers l’idéal maçonnique
La franc-maçonnerie, une quête permanente
L’idéal maçonnique — Liberté, Égalité, Fraternité — ne se réalise pas en un jour. Il demande un engagement de longue haleine. L’assiduité permet de :
- Rester fidèle aux principes de tolérance, de solidarité et de recherche de la vérité.
- Participer concrètement à des actions philanthropiques et citoyennes, qui sont au cœur de la démarche maçonnique.
- Incarner les valeurs maçonniques dans sa vie quotidienne, en dehors du temple.
« La franc-maçonnerie n’est pas une philosophie abstraite, mais une pratique vivante qui exige présence et persévérance. » — Alain Bauer, La Franc-Maçonnerie, PUF, 2017.
Exemple concret : Un franc-maçon assidu sera plus à même de mettre en œuvre des actions solidaires (soutien aux plus démunis, engagement pour la laïcité, etc.) et de les inscrire dans la durée.
4. L’assiduité comme respect du rituel et de la tradition
Le rituel, cœur de la pratique maçonnique
Les rites et les cérémonies maçonniques ne sont pas de simples formalités. Ils structurent la démarche initiatique et donnent un cadre aux réflexions. L’assiduité permet de :
- S’imprégner des symboles et des enseignements transmis lors des tenues.
- Participer pleinement aux cérémonies (initiation, passage de grade, etc.), qui sont des moments forts de la vie maçonnique.
- Respecter la tradition : la franc-maçonnerie se transmet de génération en génération. Être assidu, c’est honorer ce legs et le faire vivre.
« Le rituel maçonnique n’est pas un spectacle, mais une expérience vécue qui demande présence et attention. » — André Combes, La Franc-Maçonnerie, une école de la liberté, Dervy, 2015.
Exemple concret : Un frère qui assiste régulièrement aux tenues sera plus à même de comprendre la portée des rites et de les vivre pleinement, plutôt que de les subir comme de simples formalités.
5. L’assiduité comme rempart contre la superficialité
Éviter le « tourisme maçonnique »
La franc-maçonnerie n’est pas un loisir ou une activité parmi d’autres. Elle demande un engagement profond. L’assiduité permet de :
- Éviter de réduire la loge à un simple club de discussion.
- Donner du sens à sa démarche maçonnique, en s’investissant pleinement dans les travaux et les projets de la loge.
- Construire une relation de confiance avec ses frères et sœurs, qui est essentielle pour le travail maçonnique.
« La franc-maçonnerie n’est pas un hobby, mais un engagement qui transforme la vie. » — Jean-Marc Pétillot, La Franc-Maçonnerie, Eyrolles, 2018.
Exemple concret : Un frère qui ne vient qu’occasionnellement risque de rester en surface, sans jamais s’engager pleinement dans la démarche initiatique.
6. Comment concilier assiduité et contraintes de la vie moderne ?
a. Prioriser sa présence
- Planifier ses engagements pour réserver les dates des tenues.
- Communiquer avec sa loge en cas d’empêchement, pour montrer son attachement à la communauté.
b. S’investir autrement
Si l’assiduité physique est difficile, il est possible de :
- Participer à des travaux en ligne (lorsque la loge le permet).
- S’investir dans des projets extérieurs (actions caritatives, commissions de réflexion, etc.).
Conclusion : l’assiduité, une vertu maçonnique essentielle
L’assiduité en franc-maçonnerie n’est pas une contrainte, mais une nécessité pour :
- Progresser sur le chemin initiatique.
- Contribuer à la vie de la loge.
- Incarner les valeurs maçonniques dans sa vie quotidienne.
« L’assiduité, c’est la marque de l’engagement sincère envers soi-même, envers ses frères et envers l’idéal maçonnique. » — Pierre Mollier, La Franc-Maçonnerie, Que sais-je ?, PUF, 2019.
Atelier : c’est quoi un atelier ?
En franc-maçonnerie, un atelier est le nom donné à une loge maçonnique lorsqu’elle est en activité, c’est-à-dire lorsqu’elle se réunit pour travailler. Ce terme, riche de symboles et de traditions, désigne à la fois un lieu, un groupe de personnes et une démarche collective.
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Bleu : pourquoi dit-on loge bleue ?
1. Origine symbolique de la couleur bleue
a. La couleur bleue dans la tradition maçonnique
La couleur bleue est associée aux loges des trois premiers grades pour plusieurs raisons :
- Le bleu du ciel : il symbolise la voûte céleste, l’aspiration à l’élévation spirituelle et à la recherche de la lumière. En loge, le plafond est souvent peint en bleu, rappelant aux frères que leurs travaux sont placés sous le signe de l’idéal et de l’infini.
- La pureté et la sagesse : le bleu est traditionnellement la couleur de la sagesse, de la vérité et de la sérénité. Il évoque aussi la pureté des intentions et la quête de perfectionnement moral.
- L’universalité : le bleu est une couleur présente dans de nombreuses cultures et traditions, ce qui en fait un symbole fédérateur pour les francs-maçons du monde entier.
« Le bleu de la loge est celui du ciel, vers lequel tendent nos pensées et nos actions. » — Extrait d’un rituel du Rite Français
b. Le bleu dans l’histoire et les rites
- Les anciens métiers : dans les corporations de bâtisseurs médiévaux, le bleu était déjà une couleur importante, notamment dans les vitraux des cathédrales, où il symbolisait le divin.
- Le Rite Français : dans ce rite, le bleu est la couleur dominante des décors de la loge pour les trois premiers grades. Les tabliers, les cordons et les éléments du temple (comme le tapis de loge) sont souvent ornés de bleu.
2. La loge bleue : un espace initiatique fondamental
a. Les trois premiers grades
La « loge bleue » regroupe les travaux des trois grades symboliques :
- Apprenti : grade de l’initiation, de la découverte et de la pierre brute.
- Compagnon : grade du perfectionnement, de la marche et de la pierre cubique.
- Maître : grade de la maîtrise, de la lumière et de la transmission.
Ces trois grades forment le socle de la franc-maçonnerie. Ils sont considérés comme les plus importants, car ils posent les bases de la démarche initiatique et philosophique.
b. Un lieu de travail sur soi
La loge bleue est avant tout un laboratoire de transformation personnelle :
- L’apprenti y apprend à se connaître, à écouter et à observer.
- Le compagnon y développe ses compétences et sa réflexion.
- Le maître y approfondit sa compréhension des symboles et prépare à transmettre.
« La loge bleue est l’atelier où l’on taille sa pierre intérieure. » — Oswald Wirth, franc-maçon et philosophe
3. Pourquoi « bleue » et non une autre couleur ?
a. Distinction avec les hauts grades
Les loges bleues se distinguent des hauts grades (du 4e au 33e grade, selon les rites), qui sont souvent associés à d’autres couleurs (rouge, noir, blanc, etc.). Le bleu marque ainsi l’appartenance aux grades fondamentaux, accessibles à tous les francs-maçons.
b. Une couleur apaisante et propice à la réflexion
Le bleu est une couleur calmante, qui favorise la concentration et la méditation. En loge, il aide à créer une atmosphère propice à l’introspection et aux échanges fraternels.
c. Un lien avec la tradition et l’histoire
L’usage du bleu remonte aux origines de la franc-maçonnerie spéculative (au début du XVIIIe siècle) et s’est perpétué comme un héritage symbolique fort.
4. La loge bleue dans la pratique maçonnique
a. Décoration et symbolique
Dans une loge bleue, les éléments suivants sont souvent de couleur bleue :
- Le plafond (voûte étoilée).
- Les tabliers (pour les apprentis et compagnons, le tablier du maître est parfois orné de bleu).
- Les cordons et bijoux (insignes des officiers de la loge).
- Le tapis de loge (représentant les symboles des trois grades).
b. Une expérience immersive
Le bleu enveloppe les frères d’une ambiance particulière, rappelant que la loge est un espace à part, un lieu de travail spirituel et philosophique, distinct du monde profane.
Conclusion : la loge bleue, cœur de la franc-maçonnerie
L’appellation « loge bleue » résume à elle seule l’essence des trois premiers grades de la franc-maçonnerie :
- Un espace de lumière et d’idéal (le bleu du ciel).
- Un lieu de travail sur soi (la pierre brute, la marche, la maîtrise).
- Un héritage symbolique et historique (lien avec les bâtisseurs et les Lumières).
« Entrer en loge bleue, c’est accepter de se mettre en chemin, sous le signe de la sagesse et de la fraternité. » — Extrait d’un discours maçonnique
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Candidater : comment candidater en tant que franc-maçon ?
Candidater via le GODF -> explications et démarche.
Conférence : Où trouver les conférences publiques organisées par le GODF ?
Voir le calendrier des différents évènements organisés par le GODF
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Dépassée : est-ce une institution dépassée ?
Texte de l’article 1er du GODF
« La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’Humanité. Elle a pour principes la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. Considérant les conceptions métaphysiques comme étant du domaine exclusif de l’appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle attache une importance fondamentale à la laïcité. Elle a pour devise : Liberté, Égalité, Fraternité. » Voir la page pour plus d’information
1. Analyse des termes clés et de leur actualité
a. Une institution philanthropique, philosophique et progressive
- Philanthropique : L’engagement humanitaire et solidaire est plus que jamais nécessaire dans un monde marqué par les inégalités, les crises migratoires et les urgences climatiques. Les actions des loges (soutien aux plus démunis, éducation, santé) répondent à des besoins concrets.
- Philosophique : Face à la montée des extrêmes, des fake news et des replis identitaires, la franc-maçonnerie offre un espace de réflexion critique, de débat argumenté et de recherche de sens.
- Progressive : La notion de progrès, souvent remise en cause aujourd’hui (écologie, transhumanisme, IA), est réinterrogée en loge : quel progrès voulons-nous ? Comment le concilier avec la durabilité et l’éthique ?
« La franc-maçonnerie reste un lieu où l’on interroge le sens du progrès, loin des certitudes et des dogmes. » — Alain Bauer, La Franc-Maçonnerie, PUF, 2017.
b. Recherche de la vérité, étude de la morale, pratique de la solidarité
- Recherche de la vérité : À l’ère de la post-vérité et des bulles informationnelles, la démarche maçonnique de recherche de la vérité, par le débat et la confrontation des idées, est un antidote essentiel.
- Étude de la morale : Les questions éthiques (bioéthique, intelligence artificielle, écologie) sont au cœur des travaux en loge. La morale maçonnique, non dogmatique, permet d’aborder ces sujets sans imposer de réponses toutes faites.
- Pratique de la solidarité : Les crises sanitaires, économiques et sociales récentes (Covid-19, inflation, précarité) ont montré l’importance des réseaux solidaires. Les loges, par leurs actions caritatives et leur entraide, incarnent cette solidarité concrète.
« La solidarité n’est pas un concept abstrait en franc-maçonnerie : elle se vit au quotidien, dans l’entraide et l’engagement. » — Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, PUF, 2011.
c. Tolérance mutuelle, respect et liberté absolue de conscience
- Tolérance et respect : Dans un contexte de polarisation sociale et de montées des intolérances (racisme, antisémitisme, rejet des minorités), les principes maçonniques de tolérance et de respect sont plus que jamais nécessaires.
- Liberté absolue de conscience : Face aux pressions communautaristes, religieuses ou politiques, la franc-maçonnerie défend la liberté de penser, de croire ou de ne pas croire, sans contrainte.
« La liberté de conscience est le socle de toute démocratie. La franc-maçonnerie en est la gardienne. » — Pierre Mollier, La Franc-Maçonnerie, Que sais-je ?, PUF, 2019.
d. Refus du dogmatisme et importance de la laïcité
- Refus du dogmatisme : À l’heure où les certitudes et les discours radicaux se multiplient, la franc-maçonnerie, par son refus des affirmations dogmatiques, offre un espace de doute salutaire et de remise en question permanente.
- Laïcité : La laïcité, principe fondamental du GODF, est aujourd’hui au cœur des débats sur la place de la religion dans l’espace public, la neutralité de l’État et la coexistence pacifique des croyances.
« La laïcité n’est pas une option pour la franc-maçonnerie, mais une condition de la liberté et de la paix sociale. » — André Combes, La Franc-Maçonnerie, une école de la liberté, Dervy, 2015.
e. La devise : Liberté, Égalité, Fraternité
- Liberté : Menacée par les régimes autoritaires, les surveillances massives et les restrictions des libertés individuelles, la liberté reste un combat quotidien.
- Égalité : Les inégalités sociales, économiques et raciales persistent. La franc-maçonnerie, par son principe d’égalité en loge (où les différences sociales s’effacent), rappelle l’idéal d’une société plus juste.
- Fraternité : Dans un monde individualiste et fragmenté, la fraternité maçonnique, vécue concrètement, est un modèle de lien social et de solidarité.
« Liberté, Égalité, Fraternité : ces trois mots résument l’idéal maçonnique, toujours actuel, toujours à défendre. » — Jean-Marc Pétillot, La Franc-Maçonnerie, Eyrolles, 2018.
2. Pourquoi la franc-maçonnerie est-elle toujours d’actualité ?
a. Un rempart contre les extrêmes et les replis identitaires
La franc-maçonnerie, par ses principes de tolérance, de laïcité et de liberté de conscience, offre une résistance aux discours de haine, aux populismes et aux communautarismes. Elle rappelle que le vivre-ensemble est possible, à condition de respecter la diversité et de privilégier le dialogue.
b. Un laboratoire d’idées pour les défis contemporains
Les loges sont des lieux où l’on réfléchit aux grands enjeux de société :
- Écologie : Comment concilier progrès et préservation de la planète ?
- Numérique : Comment garantir les libertés individuelles à l’ère du tout-numérique ?
- Démocratie : Comment renforcer la participation citoyenne et lutter contre l’abstention ?
c. Un espace de résistance éthique
Face à la marchandisation du monde, à la perte de sens et à la crise des valeurs, la franc-maçonnerie propose une éthique de l’engagement, une recherche de sens et une pratique de la solidarité.
« La franc-maçonnerie est un phare dans la tempête des incertitudes modernes. » — Irène Mainguy, La Franc-Maçonnerie au féminin, Détra, 2003.
3. Conclusion : un texte fondateur pour un monde en crise
L’article 1er de la Constitution du GODF est toujours d’actualité parce qu’il répond aux défis majeurs de notre époque :
- Il défend la raison et le débat face aux fake news et aux discours simplistes.
- Il promeut la tolérance et la laïcité face aux replis identitaires et aux fanatismes.
- Il incarne la solidarité et l’engagement face à l’individualisme et aux inégalités.
- Il rappelle que la quête de vérité et de sens est un combat permanent, surtout dans un monde complexe et incertain.
En résumé : cet article n’est pas un texte figé, mais un guide pour l’action, une boussole éthique et un appel à la vigilance pour les francs-maçons d’aujourd’hui.
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Egregor
Le mot « égrégore » vient du grec « egrégoros » (εγρηγορος), signifiant « veilleur » ou « éveillé ».
Le terme a été popularisé au XXe siècle par des auteurs ésotériques (comme Éliphas Lévi ou René Guénon) pour désigner une entité collective, une «forme-pensée» ou une « énergie psychique » créée par un groupe humain partageant une même intention, une même croyance ou un même rituel.
L’égrégore semble naître d’un dépassement des individualités pour créer une entité cohérente nouvelle, douée d’un psychisme particulier.
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F comme Funèbre : C’est quoi une tenue funèbre ?
Une tenue funèbre en franc-maçonnerie est une cérémonie maçonnique spéciale, organisée pour rendre hommage à un frère ou une sœur décédé(e). Elle suit un rituel solennel et symbolique, marqué par le respect, la mémoire et la fraternité.
Fraternité : Est-ce une vertu importante ?
La fraternité maçonnique est un engagement sacré d’entraide, de solidarité et de protection mutuelle entre membres, sans condition. Elle transcende les différences et unit les frères et sœurs dans une recherche commune de justice et de progrès. Cette valeur se vit au quotidien par des actions concrètes (soutien moral, matériel, ou engagement commun). Elle est le ciment de la loge, fondant une communauté de destin au-delà des clivages sociaux ou culturels.
Article III de la Constitution du Grand Orient de France (GODF) : « Le Franc-Maçon a pour devoir, en toute circonstance, d’aider, d’éclairer, de protéger son Frère, même au péril de sa vie, et de le défendre contre l’injustice. »
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Initiation
L’initiation en franc-maçonnerie est un processus rituel et symbolique marquant l’entrée d’un profane dans la communauté maçonnique. Elle représente un passage de l’obscurité (l’ignorance) à la lumière (la connaissance), et engage le nouvel initié dans un parcours de perfectionnement moral, intellectuel et spirituel. L’initiation n’est pas une simple cérémonie, mais le début d’un chemin de transformation personnelle, fondé sur la réflexion, les symboles et l’engagement fraternel. — Article I, Constitution du GODF. « La Franc-Maçonnerie, par ses rites et ses symboles, propose à ses membres un chemin d’initiation visant à éveiller leur conscience et à les engager dans la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité. »
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Libre : que signifie l’expression « libre et de bonne mœurs » ?
1. Être libre : qu’est-ce que cela signifie en franc-maçonnerie ?
a. La liberté de conscience
En franc-maçonnerie, être libre ne se limite pas à l’absence de contraintes légales ou matérielles. Il s’agit avant tout de liberté de conscience :
- Pouvez-vous penser par vous-même, sans être influencé par des dogmes, des pressions familiales, religieuses ou sociales ?
- Êtes-vous capable de remettre en question vos propres opinions, de douter, de chercher la vérité sans vous soumettre à une autorité intellectuelle ?
- Acceptez-vous que d’autres aient des convictions différentes des vôtres, sans chercher à les convertir ou à les rejeter ?
« La liberté maçonnique, c’est d’abord la liberté de se libérer de ses propres préjugés. » — Oswald Wirth, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, 1949.
Repère concret : Si vous vous sentez capable de dire « Je ne sais pas » ou « J’ai changé d’avis » sans honte ni crainte, c’est un bon signe de liberté intérieure.
b. La liberté de choix
- Votre adhésion à la franc-maçonnerie doit être un acte volontaire, sans pression extérieure.
- Êtes-vous prêt à vous engager librement, en assumant les devoirs et les responsabilités qui en découlent ?
Repère concret : Si vous postulez à l’initiation parce que c’est votre choix, et non pour faire plaisir à un proche ou par curiosité passive, vous êtes sur la bonne voie.
2. Être de bonnes mœurs : qu’est-ce que cela implique ?
a. La notion de « bonnes mœurs » en franc-maçonnerie
Les « bonnes mœurs » ne renvoient pas à une morale rigide ou puritaine, mais à une éthique de respect et d’intégrité :
- Respectez-vous les autres, quelles que soient leurs origines, leurs croyances ou leurs orientations ?
- Agissez-vous avec honnêteté et probité, tant dans votre vie privée que professionnelle ?
- Êtes-vous capable de reconnaître vos erreurs et d’en tirer des leçons ?
« Les bonnes mœurs, pour un franc-maçon, c’est l’honnêteté envers soi-même et envers autrui. » — Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, PUF, 2011.
Repère concret : Si vous vous efforcez de ne pas nuire à autrui, de tenir vos promesses et d’agir avec droiture, vous répondez à ce critère.
b. Une réputation compatible avec les valeurs maçonniques
- Votre entourage vous considère-t-il comme une personne fiable, respectueuse et intègre ?
- Avez-vous des comportements qui pourraient être en contradiction avec les principes de tolérance, de solidarité ou de laïcité ?
Repère concret : Si vos proches vous décrivent comme quelqu’un de « droit », « ouvert » et « bienveillant », c’est un bon indicateur.
3. Comment évaluer votre liberté et vos mœurs ?
a. Auto-évaluation : questions à se poser
- Liberté :
- Suis-je capable de changer d’avis après un débat ?
- Ai-je déjà remis en cause une de mes croyances ou habitudes ?
- Est-ce que je me sens libre de mes choix, ou est-ce que je subis des pressions (famille, travail, société) ?
- Bonne moralité :
- Est-ce que je respecte les différences (culturelles, religieuses, politiques) ?
- Ai-je déjà agi contre ma conscience pour des raisons d’intérêt ou de confort ?
- Est-ce que je cherche à être cohérent entre mes paroles et mes actes ?
b. Le regard des autres
- Demandez à des personnes de confiance (amis, famille, collègues) ce qu’elles pensent de votre liberté d’esprit et de votre intégrité.
- Observez les réactions autour de vous : si l’on vous fait confiance, si l’on vous sollicite pour des conseils ou des responsabilités, c’est souvent le signe d’une bonne réputation morale.
4. Pourquoi ces critères sont-ils essentiels en franc-maçonnerie ?
a. Pour garantir la qualité des travaux en loge
La franc-maçonnerie repose sur la confiance mutuelle et la sincérité des échanges. Si un membre n’est pas libre ou n’a pas de bonnes mœurs, il peut nuire à l’harmonie et à la progression collective.
b. Pour préserver l’image de la franc-maçonnerie
Les loges sont des lieux où l’on travaille à « l’amélioration de l’humanité ». Chaque membre doit incarner, dans sa vie quotidienne, les valeurs qu’il défend en loge.
« La franc-maçonnerie n’est pas un club, mais une communauté de femmes et d’hommes qui s’engagent à vivre selon des principes éthiques élevés. » — Alain Bauer, La Franc-Maçonnerie, PUF, 2017.
5. Que faire si vous avez des doutes ?
- Parlez-en à un franc-maçon : il pourra vous éclairer sur la manière dont ces critères sont interprétés dans sa loge.
- Travaillez sur vous-même : la franc-maçonnerie est une école de perfectionnement. Personne n’est parfait, mais l’important est d’être en chemin.
- Soyez honnête avec vous-même : la franc-maçonnerie valorise la sincérité. Si vous avez des faiblesses, reconnaissez-les et montrez que vous cherchez à progresser.
Conclusion : une quête permanente
Être libre et de bonnes mœurs n’est pas un état figé, mais une démarche permanente. La franc-maçonnerie ne cherche pas des êtres parfaits, mais des femmes et des hommes en quête de vérité, de respect et de progrès.
« La liberté et les bonnes mœurs ne sont pas des prérequis, mais des idéaux vers lesquels nous tendons chaque jour. » — André Combes, La Franc-Maçonnerie, une école de la liberté, Dervy, 2015.
En résumé :
Vous êtes de bonnes mœurs si vous agissez avec intégrité, respect et cohérence.
Vous êtes libre si vous pensez par vous-même, si vous êtes capable de doute et de remise en question.
Laïcité : en quoi c’est un sujet (toujours) important pour le GODF et notre loge ?
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Mixité – La mixité au sein de la Franc-Maçonnerie est-elle toujours en débat ?
La non-mixité puis la mixité en franc-maçonnerie : histoire, débats et évolutions au GODF
Introduction : la franc-maçonnerie, une tradition historiquement masculine
La franc-maçonnerie, née au début du XVIIIe siècle, s’est construite comme une société initiatique réservée aux hommes. Cette tradition s’inscrit dans un contexte historique où les espaces de sociabilité, de pouvoir et de réflexion étaient majoritairement masculins. Les loges maçonniques, inspirées des corporations de métiers et des collèges de savants, ont longtemps perpétué cette exclusivité, justifiée par des arguments symboliques, historiques et parfois sociaux.
Origines et justifications de la non-mixité
Les fondements de la non-mixité maçonnique s’appuient sur plusieurs éléments :
- Le symbolisme opératif : la franc-maçonnerie spéculative (philosophique) s’inspire des bâtisseurs de cathédrales, métiers exclusivement masculins au Moyen Âge.
- La transmission initiatique : certains rites et symboles, notamment ceux liés à la construction et à la lumière, étaient traditionnellement associés à une fraternité virile.
- Le contexte social : jusqu’au XXe siècle, les femmes étaient exclues de la plupart des cercles de pouvoir, de savoir et de décision.
« La franc-maçonnerie, en tant qu’institution, a longtemps considéré que la mixité pouvait altérer la pureté de la transmission initiatique et la cohésion fraternelle. » — Alain Bauer, historien de la franc-maçonnerie
Les premières remises en cause et l’émergence de la mixité
Dès la fin du XIXe siècle, des voix s’élèvent pour contester cette exclusivité masculine. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution :
- L’émancipation des femmes : les mouvements féministes et l’accès progressif des femmes à l’éducation, au travail et à la citoyenneté rendent leur exclusion des loges de plus en plus anachronique.
- La création de loges féminines et mixtes : dès 1882, Maria Deraismes et Georges Martin fondent la première loge maçonnique mixte, « Le Droit Humain », qui deviendra une obédience internationale.
- Les débats internes au GODF : dès les années 1950-1960, des francs-maçons du Grand Orient de France (GODF) commencent à interroger la pertinence de la non-mixité, au nom des principes de liberté, d’égalité et de fraternité.
Les arguments en faveur de la mixité
Les partisans de la mixité avancent plusieurs arguments :
- L’égalité des droits : exclure les femmes revient à nier le principe d’égalité, central dans les valeurs maçonniques.
- L’enrichissement des travaux : la diversité des points de vue, y compris ceux des femmes, est susceptible d’enrichir les réflexions et les débats en loge.
- L’adaptation aux évolutions sociétales : la franc-maçonnerie, pour rester pertinente, doit refléter les transformations de la société.
« La mixité n’est pas une concession, mais une nécessité pour que la franc-maçonnerie reste fidèle à ses idéaux de progrès et de justice. » — Irène Mainguy, historienne et franc-maçonne
Le GODF et la question de la mixité : débats et décisions
Le Grand Orient de France, obédience majeure de la franc-maçonnerie française, a longtemps maintenu la non-mixité, tout en autorisant ses membres à rejoindre des loges mixtes ou féminines en parallèle. Cependant, la question a été régulièrement débattue lors des conventions et assemblées générales.
Les étapes clés au GODF
- 1998 : Le GODF reconnaît officiellement la légitimité des loges mixtes et féminines, tout en maintenant sa propre non-mixité.
- 2010 : Lors de son convent, le GODF réaffirme sa position en faveur de la liberté de conscience, mais ne tranche pas en faveur de la mixité interne.
- 2020 : Le débat resurgit avec force, porté par une nouvelle génération de francs-maçons et francs-maçonnes (membres de loges mixtes ou féminines). Certains ateliers du GODF commencent à organiser des rencontres communes avec des loges mixtes.
La position actuelle du GODF
Aujourd’hui, le GODF reste officiellement non mixte, mais sa position évolue :
- Il reconnaît la légitimité des loges mixtes et féminines.
- Il autorise ses membres à participer à des travaux dans d’autres obédiences, y compris mixtes.
- Il encourage le dialogue et les échanges entre loges masculines, féminines et mixtes.
« Le GODF n’est pas fermé à la mixité, mais il considère que chaque obédience doit pouvoir choisir son mode de fonctionnement, dans le respect des principes maçonniques. » — Extrait des débats du Convent du GODF, 2022
Les loges bleues et la mixité : pratiques et symboles
Dans les loges bleues (trois premiers grades : apprenti, compagnon, maître), la question de la mixité se pose avec une acuité particulière, car ces grades sont au cœur de la transmission initiatique.
Symboles et rites : une adaptation possible ?
Les rites et symboles des loges bleues sont-ils compatibles avec la mixité ? Plusieurs réponses coexistent :
- Pour les traditionalistes : certains symboles (comme l’équerre et le compas, souvent associés au masculin et au féminin) et rites (comme la légende d’Hiram) sont interprétés comme intrinsèquement liés à une fraternité masculine.
- Pour les modernistes : ces symboles peuvent être réinterprétés pour inclure une dimension universelle, dépassant le genre.
Expériences concrètes
De nombreuses loges mixtes (notamment au Droit Humain ou à la Grande Loge Féminine de France) montrent que la mixité n’altère pas la qualité des travaux, bien au contraire. Les débats y sont souvent plus riches, les approches plus diversifiées, et la solidarité renforcée.
Conclusion : vers une franc-maçonnerie plus inclusive ?
La question de la mixité en franc-maçonnerie, et particulièrement au GODF, reste ouverte. Si l’institution maintient officiellement sa non-mixité, elle reconnaît de plus en plus la légitimité des loges mixtes et encourage les échanges. Les débats internes, portés par une nouvelle génération de francs-maçons, laissent entrevoir une évolution progressive.
« La franc-maçonnerie doit être un laboratoire de la société idéale. Si elle exclut la moitié de l’humanité, elle trahit sa propre mission. » — André Combes, philosophe et franc-maçon
Pour aller plus loin
Livres :
- La Franc-Maçonnerie au féminin, Irène Mainguy
- Histoire de la franc-maçonnerie française, Alain Bauer
Films :
- Le Mystère des loges, documentaire Arte (2018)
Sites :
— O —
Obédience : Comment choisir l’obédience qui me convient le plus ?
Mini-Test : Quelle Obédience Maçonnique en France Vous Correspond ?
Répondez aux questions suivantes pour identifier l’obédience la plus adaptée à vos attentes. Ce test se base sur les 5 principales obédiences françaises : GODF, GLDF, GLFF, Droit Humain, et GLNF.
1. Quel est votre genre ? (Pour orienter vers des obédiences adaptées)
- Homme
- Femme
- La mixité est un critère important pour moi (mixité systématique ou possible)
2. Quelle est votre position sur la mixité ?
- Je souhaite une obédience exclusivement masculine. (GLNF, certaines loges GLDF)
- Je souhaite une obédience exclusivement féminine. (GLFF)
- Je veux une obédience mixte systématique. (Droit Humain, GLMF)
- Je veux une obédience où la mixité est possible, mais pas obligatoire. (GODF, GLDF)
- La mixité m’est indifférente, je veux avant tout une obédience alignée sur mes valeurs.
3. Quel est votre rapport à la spiritualité ou au GADLU (Grand Architecte de l’Univers) ?
- Je crois en un principe créateur (GADLU) et souhaite une obédience qui intègre cette dimension. (GLNF, GLDF)
- Je suis agnostique/athée et préfère une obédience qui ne mentionne pas le GADLU. (GODF, GLFF, Droit Humain)
- Je suis ouvert(e) à une réflexion sur le sens de la vie, mais sans dogme religieux. (GLDF, Droit Humain)
- La spiritualité ne m’intéresse pas ; je veux une approche laïque et philosophique. (GODF, GLFF)
4. Quel équilibre souhaitez-vous entre symbolisme et engagement sociétal ?
- Je cherche avant tout une démarche symbolique et initiatique, avec peu d’engagement politique. (GLNF, GLDF)
- Je veux un équilibre entre symbolisme et actions concrètes pour la société (laïcité, droits humains, éducation). (GODF, Droit Humain)
- Je préfère une obédience très engagée dans les débats sociétaux et les actions solidaires. (GLFF, GODF)
- Je souhaite une approche philosophique, sans engagement militant. (GLDF, Droit Humain)
5. Quel est votre rapport à la tradition et au progressisme ?
- Je préfère une obédience traditionnelle, attachée aux rites anciens. (GLNF, GLDF)
- Je veux une obédience progressiste, ouverte aux évolutions sociétales. (GODF, GLFF, Droit Humain)
- Je cherche un équilibre entre tradition et modernité. (GLDF, Droit Humain)
6. Quelle importance accordez-vous à la reconnaissance entre obédiences ?
- Je veux une obédience « régulière » (reconnue par la GLUA et la GLNF). (GLNF, GLDF)
- Je préfère une obédience « libérale » ou « amie » du GODF (reconnue par le GODF, mais pas par la GLUA). (GODF, Droit Humain, GLFF)
- La reconnaissance mutuelle entre obédiences ne m’intéresse pas.
7. Quel type de réseau de solidarité recherchez-vous ?
- Un réseau local, centré sur l’entraide entre membres. (Toutes obédiences)
- Un réseau national avec des actions humanitaires ou caritatives. (GODF, Droit Humain, GLFF)
- Un réseau engagé dans des causes politiques ou sociales (laïcité, écologie, droits humains). (GODF, GLFF, Droit Humain)
Résultats et Suggestions d’Obédiences en France
Si vous êtes un homme et que vous avez majoritairement coché
- 2. « Exclusivement masculine » + 3. « Je crois en un GADLU » + 6. « Obédience régulière » → Grande Loge Nationale Française (GLNF) : Obédience traditionnelle, non-mixte, attachée à la croyance en un GADLU et reconnue comme « régulière » par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA).
- 2. « Mixité possible » + 3. « Agnostique/athée » + 4. « Engagement sociétal marqué » + 6. « Obédience amie du GODF » → Grand Orient de France (GODF) : Obédience adogmatique, laïque, progressiste, où la mixité est possible (certaines loges initient des femmes). Reconnue comme « libérale » et « amie » du GODF.
- 2. « Mixité possible » + 3. « Ouvert à la discussion sur le sens de la vie » + 5. « Équilibre tradition/progressisme » → Grande Loge de France (GLDF) : Obédience mixte possible, ouverte à la spiritualité sans dogme, avec un équilibre entre tradition et modernité. Reconnue par le GODF, mais pas par la GLUA.
Si vous êtes une femme et que vous avez majoritairement coché
- 2. « Exclusivement féminine » + 3. « Agnostique/athée » + 4. « Engagement sociétal marqué » → Grande Loge Féminine de France (GLFF) : Obédience 100 % féminine, laïque, progressiste et engagée dans les causes sociétales. Reconnue comme « amie » du GODF.
- 2. « Mixte systématique » + 3. « Ouvert à la discussion sur le sens de la vie » + 7. « Réseau engagé dans des causes sociales » → Le Droit Humain (Fédération française) : Obédience mixte par principe, ouverte à la spiritualité sans dogme, avec un fort engagement humaniste et sociétal. Reconnue comme « amie » du GODF.
Si la mixité est un critère clé pour vous
- 2. « Mixte systématique » + 4. « Engagement sociétal marqué » + 6. « Obédience amie du GODF » → Le Droit Humain ou Grande Loge Mixte de France (GLMF) : Obédiences mixtes, progressistes, engagées dans les débats contemporains et reconnues par le GODF.
Si vous cherchez une obédience traditionnelle et reconnue internationalement
- 3. « Je crois en un GADLU » + 5. « Traditionnelle » + 6. « Obédience régulière » → Grande Loge Nationale Française (GLNF) : Obédience traditionnelle, non-mixte, reconnue par la GLUA et les obédiences « régulières ».
Rappel sur les obédiences en France
- Obédiences « régulières » (reconnues par la GLUA) : GLNF, GLDF (pour certaines loges).
- Obédiences « libérales » ou « amies du GODF » : GODF, Droit Humain, GLFF, GLMF.
- Mixité :
- Systématique : Droit Humain, GLMF.
- Possible : GODF, GLDF (selon les loges).
- Exclue : GLNF (masculine), GLFF (féminine).
Pour aller plus loin
- Rencontrez des francs-maçons des obédiences qui vous intéressent.
- Assistez à des conférences publiques organisées par les loges.
- Consultez les sites officiels :
Quel critère est le plus important pour vous dans le choix d’une obédience maçonnique : la mixité, l’engagement sociétal, la spiritualité, ou la reconnaissance internationale ? Pourquoi ?
Obédience, un prompt IA pour nourrir son choix
Prompt : Identifier l’obédience maçonnique qui correspond à mon profil
Contexte :
Je suis un profane qui s’intéresse à la franc-maçonnerie. Je souhaite une analyse objective et neutre pour identifier quelle(s) obédience(s) maçonnique(s) pourrai(en)t correspondre à mes attentes, mes valeurs et ma vision personnelle. Je cherche une aide à la réflexion, sans parti pris pour ou contre une famille maçonnique particulière.
Mes réponses aux questions clés : (complète les informations entre parenthèses)
1. Ma vision spirituelle et rituelle
- Mon positionnement spirituel : (athée / agnostique / croyant / déiste / en recherche / autre)
- Mon rapport au symbolisme et aux rituels : (très attiré par le travail symbolique / modérément / plutôt rationaliste / indifférent)
- Mon rapport au GADLU (Grand Architecte De L’Univers) : (j’y adhère / je suis ouvert / je préfère une approche sans référence obligatoire)
2. Mes motivations et valeurs
- Ce qui m’attire dans la maçonnerie : (quête personnelle / engagement citoyen / fraternité / travail sur soi / débats philosophiques / transmission / autre)
- Mon positionnement sociétal (si je souhaite le partager) : (humaniste / progressiste / conservateur / apolitique / autre)
- Mes priorités (classe les 3 plus importantes) : spiritualité, symbolisme, action sociale, fraternité, débats d’idées, développement personnel
3. Mes préférences pratiques
- Type de mixité souhaité : (mixte / masculin uniquement / féminin uniquement / peu importe)
- Ambiance rituelle préférée : (très ritualisée et solennelle / équilibrée / sobre et moderne)
- Disponibilité : (réunions en soirée possibles / contraintes géographiques / engagement régulier envisageable)
4. Ce que je ne veux surtout pas
(Ex : dogme religieux imposé / débats politiciens / absence totale de symbolisme / élitisme / cloisonnement genré / etc.)
Ce que j’attends en retour :
Pour l’obédience principale recommandée :
- L’obédience maçonnique qui me correspond le plus
- Sa démarche (symbolique, sociétale, spiritualiste…)
- La mixité pratiquée
- Le rapport au sacré et au GADLU
- L’ambiance rituelle
- Le type de travail privilégié en loge
- Points positifs pour moi et points de vigilance
Deux alternatives crédibles (présentation plus brève)
Une recommandation finale personnalisée avec argumentation
Si mes réponses sont ambiguës ou incomplètes, pose-moi 1 ou 2 questions de clarification avant de formuler ta recommandation.
Disclaimer : Cette analyse est une aide à la réflexion. Elle ne remplace pas les visites de loges, les rencontres avec des maçons et maçonnes, et mon propre cheminement personnel.
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Penser : Une école de pensé ou une école à penser ?
1. La franc-maçonnerie comme école de pensée
a. Un héritage philosophique et humaniste
La franc-maçonnerie puise ses racines dans les Lumières, le rationalisme et l’humanisme. Elle propose un cadre de réflexion structuré autour de grands principes :
- La liberté absolue de conscience : chaque franc-maçon est libre de ses croyances et de ses opinions, sous réserve du respect de l’autre.
- La recherche de la vérité : la franc-maçonnerie n’impose pas de dogme, mais encourage la quête permanente de la vérité, par la raison et le débat.
- La pratique de la solidarité : l’entraide et l’engagement envers autrui sont au cœur de la démarche maçonnique.
« La franc-maçonnerie est une école de liberté, où l’on apprend à penser par soi-même, sans maître à penser. » — Alain Bauer, historien de la franc-maçonnerie
b. Une transmission de valeurs et de symboles
Les rites, les symboles et les légendes maçonniques (comme celle d’Hiram) constituent un langage commun qui permet de transmettre des valeurs universelles :
- L’égalité : en loge, les différences sociales s’effacent.
- La tolérance : le respect des opinions divergentes est une règle absolue.
- Le progrès : la franc-maçonnerie se veut une force de transformation sociale et individuelle.
c. Un lieu de débat et de confrontation des idées
En loge, les frères (et, dans les obédiences mixtes, les sœurs) échangent, débattent et confrontent leurs points de vue sur des sujets philosophiques, sociaux ou éthiques. Ces échanges, encadrés par le rituel, permettent d’affiner sa pensée et d’enrichir sa réflexion.
2. La franc-maçonnerie comme école à penser
a. Une méthode plus qu’un contenu
La franc-maçonnerie ne se réduit pas à un ensemble de savoirs ou de doctrines. Elle est avant tout une méthode :
- L’initiation : l’apprenti est invité à questionner, à douter, à chercher, plutôt qu’à recevoir des réponses toutes faites.
- Le travail sur soi : les outils symboliques (maillet, ciseau, équerre, compas) sont autant d’instruments pour construire sa propre pensée et forger son caractère.
- La pratique du silence et de l’écoute : apprendre à se taire pour mieux entendre, observer avant de juger, réfléchir avant de parler.
« La franc-maçonnerie n’enseigne pas ce qu’il faut penser, mais comment penser. » — Roger Dachez, historien et franc-maçon
b. Un laboratoire de la pensée critique
En loge, l’apprenti est confronté à des symboles polysémiques (comme la pierre brute, le fil à plomb ou la lumière) qu’il doit interpréter par lui-même. Cette démarche favorise :
- L’autonomie intellectuelle : chacun est encouragé à se forger sa propre opinion.
- La remise en question permanente : la vérité n’est jamais acquise, elle se cherche sans cesse.
- L’humilité : reconnaître que l’on ne sait pas est le premier pas vers le savoir.
c. Une application concrète dans la vie profane
Les outils et méthodes acquis en loge sont destinés à être appliqués dans la vie quotidienne :
- Dans la vie professionnelle : savoir écouter, débattre, prendre des décisions éclairées.
- Dans la vie citoyenne : s’engager pour la justice, la laïcité et la solidarité.
- Dans la vie personnelle : cultiver la tolérance, la curiosité et l’ouverture d’esprit.
3. La complémentarité des deux dimensions
La franc-maçonnerie n’est ni uniquement une école de pensée, ni seulement une école à penser. Elle est les deux à la fois :
- École de pensée : elle transmet un héritage philosophique, des valeurs et des symboles qui structurent la réflexion.
- École à penser : elle offre une méthode pour développer sa propre pensée, en toute liberté et responsabilité.
« La franc-maçonnerie est un atelier où l’on taille sa pierre, mais aussi où l’on apprend à tailler sa pensée. » — Extrait d’un rituel du Rite Français
Conclusion : une école de la liberté intellectuelle
La franc-maçonnerie, en tant qu’institution philosophique, philanthropique et progressive, se définit comme un espace où l’on apprend à penser librement, mais aussi à penser mieux. Elle n’impose pas de vérité, mais propose des outils pour la chercher. Elle ne dicte pas de conduite, mais invite à réfléchir sur ses actes.
En cela, elle est à la fois :
- Une école à penser : par la méthode et la démarche critique qu’elle enseigne.
- Une école de pensée : par les valeurs et les savoirs qu’elle transmet.
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Philosophie : une loge est-elle un club philosophique ?
1. La loge maçonnique : bien plus qu’un club de philosophie
a. Une démarche initiatique et symbolique
La franc-maçonnerie n’est pas seulement un lieu de débat d’idées, mais une expérience initiatique qui engage le franc-maçon dans un travail sur lui-même, à travers des rites, des symboles et une progression graduelle.
« La loge n’est pas un club de philosophie, mais un atelier où l’on travaille à la construction de soi et à l’amélioration de l’humanité. La philosophie y est un outil, non une fin en soi. » — Alain Bauer, La Franc-Maçonnerie, PUF, 2017.
b. La pratique des rites et des symboles
Contrairement à un club de philosophie, la loge maçonnique utilise des rites, des symboles et une symbolique gestuelle pour transmettre ses enseignements. Ces éléments ne sont pas de simples accessoires, mais des outils essentiels pour la transformation intérieure.
« La franc-maçonnerie n’est pas une école de pensée, mais une école de vie. Elle ne se contente pas de discuter des idées, elle les met en œuvre à travers des rites et des symboles qui parlent à l’inconscient et au cœur. » — Oswald Wirth, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, 1949.
c. L’engagement fraternel et solidaire
La loge maçonnique repose sur un engagement fraternel et une solidarité active entre ses membres. Elle n’est pas un simple lieu de parole, mais un espace où l’on agit ensemble pour le progrès individuel et collectif.
« La loge n’est pas un cercle de discussion, mais une communauté de frères unis par des valeurs communes et un idéal de justice et de fraternité. » — Roger Dachez, Histoire de la franc-maçonnerie française, PUF, 2011.
2. Les planches philosophiques : un outil parmi d’autres
a. Définition et rôle des planches
Les planches sont des exposés préparés par un frère (ou une sœur, dans les obédiences mixtes) sur un sujet philosophique, historique, social ou symbolique. Elles servent à stimuler la réflexion et à enrichir les débats en loge.
« La planche est un exercice de pensée et d’expression, mais elle n’est qu’un élément parmi d’autres dans le travail maçonnique. Elle ne suffit pas à définir la loge. » — Daniel Ligou, Dictionnaire de la franc-maçonnerie, PUF, 2006.
b. La planche comme étape dans un processus plus large
La planche n’est pas une fin en soi, mais une étape dans un processus initiatique plus vaste, qui inclut :
- La méditation sur les symboles.
- La participation aux rites.
- L’engagement dans des actions solidaires.
« La planche est un moyen, non une fin. Elle permet de nourrir la réflexion, mais c’est le travail sur soi et l’action fraternelle qui donnent tout son sens à la franc-maçonnerie. » — Irène Mainguy, La Franc-Maçonnerie au féminin, Détra, 2003.
3. La loge : un lieu de transformation, pas seulement de parole
a. La dimension spirituelle et morale
La loge maçonnique vise à transformer l’individu en profondeur, en le confrontant à ses limites, à ses contradictions et à ses aspirations. Ce travail dépasse largement le cadre d’une discussion philosophique.
« La loge n’est pas un lieu où l’on vient parler de philosophie, mais un lieu où l’on vient se transformer, en agissant sur soi et sur le monde. » — André Combes, La Franc-Maçonnerie, une école de la liberté, Dervy, 2015.
b. L’importance de l’action et de l’engagement
La franc-maçonnerie ne se contente pas de réfléchir : elle agit. Les francs-maçons s’engagent dans des actions caritatives, des combats pour la laïcité, la justice sociale et les droits humains.
« La loge n’est pas un club de philosophie, mais un laboratoire d’idées et d’actions. Elle ne se contente pas de discuter, elle transforme. » — Pierre Mollier, La Franc-Maçonnerie, Que sais-je ?, PUF, 2019.
4. Conclusion : la loge, un atelier de vie
La loge maçonnique n’est pas un club de philosophie, car :
- Elle initie et transforme l’individu à travers des rites et des symboles.
- Elle unit ses membres par des valeurs communes et un engagement fraternel.
- Elle agit pour le progrès de l’humanité, au-delà des simples débats d’idées.
« La franc-maçonnerie est une école de la vie, où la philosophie n’est qu’un outil au service d’une quête plus large : celle de la lumière intérieure et de la construction d’un monde meilleur. » — Jean-Marc Pétillot, La Franc-Maçonnerie, Eyrolles, 2018.
Planche – Plancher : Un travail pour soi et pour la loge ?
Une planche maçonnique est un exercice traditionnel dans la franc-maçonnerie, rédigé par un franc-maçon, puis présenté à la loge lors d’une tenue (réunion).
Objectif
Elle permet à l’auteur de progresser dans sa réflexion personnelle, dans son parcours initiatique, et de partager ses idées avec les autres membres de la loge.
Une réflexion personnelle
Elle consiste en une réflexion personnelle, sur un thème philosophique, symbolique, moral ou historique lié à la franc-maçonnerie.
Caractéristiques principales :
- Sujet varié : La planche peut porter sur des symboles maçonniques, des valeurs (tolérance, liberté, fraternité), des figures historiques, ou des questions éthiques.
- Structure libre : Elle peut être argumentative, narrative ou poétique, selon le style de l’auteur.
- Rituel : La présentation de la planche est souvent suivie d’un débat ou d’échanges entre les frères et sœurs de la loge.
— R —
Rites : comment choisir le bon rite, celui qui me convient ?
- Au sein de notre atelier nous pratiquons le rite français.
- Pour en savoir plus : Les rites – Solidarité Chelloise
— S —
Silence : Pourquoi l’apprenti doit-il faire silence ?
1. Un outil de transformation intérieure
Pour l’apprenti, le silence n’est pas une simple absence de parole, mais un outil actif de transformation. Il permet de :
- Se recentrer : en coupant avec le bruit du monde profane, l’apprenti apprend à écouter sa voix intérieure, à observer ses pensées et ses émotions.
- Se préparer à recevoir : le silence crée un espace mental propice à l’accueil des enseignements symboliques et des réflexions partagées en loge.
- Développer l’humilité : en s’abstenant de parler, l’apprenti reconnaît qu’il a encore beaucoup à apprendre.
« Le silence est le premier degré de la sagesse. » — Proverbe maçonnique
2. Un respect du secret et du sacré
Le silence est aussi une marque de respect envers :
- Le secret maçonnique : l’apprenti s’engage à ne pas divulguer ce qui se passe en loge, afin de préserver la confiance et la sécurité du temple.
- Le caractère sacré des rites : les cérémonies maçonniques, notamment celles du Rite Français, sont des moments de recueillement et de méditation collective. Le silence en est un élément constitutif.
3. Un apprentissage de l’écoute
En loge, l’apprenti est invité à écouter avant de parler. Cette écoute active lui permet de :
- Comprendre les symboles : les mots, les gestes et les objets utilisés en loge ont une signification profonde. Le silence aide à les décrypter.
- S’imprégner de l’esprit fraternel : en écoutant ses frères, l’apprenti apprend à connaître leurs points de vue, leurs expériences et leurs valeurs.
- Développer sa capacité à réfléchir : avant de prendre la parole, il doit organiser ses idées, peser ses mots, et s’assurer que sa contribution sera utile à la collectivité.
4. Un miroir de la démarche initiatique
Le silence de l’apprenti reflète sa position dans la hiérarchie maçonnique :
- Il est en quête de lumière : le silence symbolise l’obscurité initiale dans laquelle il se trouve, et son désir progressif de s’élever vers la connaissance.
- Il est en construction : comme la pierre brute, il doit être taillé, polie, transformée. Le silence est une étape nécessaire de ce travail sur soi.
« L’apprenti doit apprendre à se taire pour mieux entendre la voix de la sagesse. » — Extrait d’un rituel du Rite Français
5. Un lien avec la tradition opérative
Historiquement, les bâtisseurs de cathédrales (dont s’inspire la franc-maçonnerie spéculative) travaillaient dans le silence ou avec des mots codés, pour préserver le secret de leur art. L’apprenti, en gardant le silence, perpétue cette tradition et s’inscrit dans une lignée de chercheurs de vérité.
Comment le silence est-il pratiqué en loge ?
- Pendant les cérémonies : l’apprenti est souvent invité à observer et à écouter, sans intervenir, sauf lorsqu’il est directement sollicité.
- Lors des travaux en loge : il peut être encouragé à prendre la parole, mais toujours avec mesure et après réflexion.
- Dans la vie profane : le silence maçonnique s’étend aussi à la discrétion sur sa vie initiatique, afin de préserver l’intimité des travaux et le respect dû à ses frères.
Conclusion : le silence, une école de patience et de sagesse
Pour l’apprenti, le silence n’est pas une contrainte, mais une opportunité :
- De se connaître soi-même.
- De s’ouvrir aux autres.
- De préparer son esprit à recevoir la lumière maçonnique.
« Le silence est le langage de l’âme. » — Proverbe maçonnique
Symbolisme : Pourquoi utilise t-on le symbolisme en franc-maçonnerie ?
1. Le symbolisme : un langage universel et intemporel
a. Un outil de transmission des savoirs
Le symbolisme permet de transmettre des idées complexes, des valeurs et des questionnements de manière accessible et mémorable. Contrairement à un discours abstrait, un symbole parle directement à l’intuition et à l’imaginaire.
- Exemple : L’équerre et le compas, outils emblématiques du franc-maçon, symbolisent respectivement la matière et l’esprit, la rigueur et la créativité, l’homme et l’univers. Leur juxtaposition invite à réfléchir sur l’équilibre entre ces forces.
- Citation : « Le symbole est un pont entre le visible et l’invisible, entre le connu et l’inconnu. » — Oswald Wirth, franc-maçon et philosophe
b. Un moyen de dépasser les barrières culturelles et linguistiques
Les symboles maçonniques sont universels : ils traversent les époques et les frontières. Un franc-maçon du XVIIIe siècle, un apprenti d’aujourd’hui ou un frère d’une autre obédience reconnaîtront les mêmes symboles et pourront en partager une interprétation commune, tout en y apportant leur propre sens.
c. Une invitation à la réflexion personnelle
Le symbolisme maçonnique n’est pas figé. Chaque frère, chaque apprenti, est invité à interpréter les symboles selon son vécu, sa sensibilité et son niveau de compréhension. Cette liberté d’interprétation est au cœur de la démarche initiatique.
- Exemple : La pierre brute, symbole de l’apprenti, peut représenter l’homme dans son état naturel, avec ses défauts et ses potentialités. Chaque apprenti y verra une image de lui-même et de son propre travail de perfectionnement.
2. Les outils : des supports concrets pour une quête abstraite
a. Des instruments de travail, physique et spirituel
Les outils utilisés en loge (maillet, ciseau, niveau, fil à plomb, etc.) ne sont pas de simples accessoires. Ils sont les instruments d’un travail à la fois matériel et moral.
- Le maillet : symbole de l’effort, de la volonté, mais aussi de la mesure (on frappe juste ce qu’il faut).
- Le ciseau : outil de taille, il représente la capacité à sculpter sa propre personnalité, à éliminer les aspérités pour tendre vers une forme plus harmonieuse.
- Le fil à plomb : il rappelle la nécessité de la rectitude, de l’honnêteté et de la verticalité morale.
« Les outils du franc-maçon sont ceux de l’artisan et du philosophe : ils servent à bâtir à la fois des édifices et des hommes. » — Extrait d’un rituel du Rite Français
b. Une pédagogie par l’action
En manipulant ces outils, même de manière symbolique, l’apprenti intègre les leçons de manière concrète. La franc-maçonnerie n’est pas une philosophie purement théorique : elle est une praxis, une mise en œuvre active de ses principes.
- Exemple : Lors de la cérémonie d’initiation, l’apprenti est souvent invité à « frapper à la porte du temple » avec un maillet. Ce geste simple, mais chargé de sens, marque son entrée dans un nouveau monde et son engagement à travailler sur lui-même.
c. Un lien avec la tradition opérative
Les outils rappellent l’origine artisanale de la franc-maçonnerie. Les bâtisseurs de cathédrales utilisaient ces mêmes instruments pour ériger des monuments durables. De même, le franc-maçon moderne utilise ces outils pour « construire son temple intérieur ».
3. Symbolisme et outils : une synergie au service de la transformation
a. Une approche progressive et structurée
Le Rite Français, comme d’autres rites maçonniques, organise la progression de l’apprenti à travers des grades (apprenti, compagnon, maître), chacun associé à des symboles et des outils spécifiques. Cette progression permet une assimilation graduelle des enseignements.
- Grade d’apprenti : l’accent est mis sur la pierre brute, le maillet, le ciseau — outils de la transformation initiale.
- Grade de compagnon : on introduit des instruments plus complexes (équerre, niveau), symbolisant une maîtrise accrue de soi et de son art.
- Grade de maître : les outils deviennent des emblèmes de sagesse et de transmission (le compas, notamment).
b. Une école de la pensée critique et de l’humilité
Le symbolisme et les outils rappellent constamment à l’apprenti que :
- La connaissance est un chantier permanent : on n’atteint jamais une vérité absolue, mais on travaille sans cesse à s’en approcher.
- L’erreur est humaine : les outils, mal utilisés, peuvent blesser ou détruire. Ils enseignent la prudence et la responsabilité.
- La fraternité est indispensable : aucun édifice ne se construit seul. Les outils rappellent que le travail maçonnique est aussi un travail collectif.
« Le franc-maçon n’est pas celui qui possède la vérité, mais celui qui cherche à la construire, pierre après pierre. » — André Combes, philosophe et franc-maçon
4. Applications concrètes dans la vie profane
Le symbolisme et les outils maçonniques ne restent pas confinés au temple. Ils offrent des clés de lecture et d’action pour la vie quotidienne :
- La pierre brute : rappelle que chacun a des défauts à corriger et des qualités à développer.
- Le fil à plomb : invite à agir avec droiture, tant dans sa vie personnelle que professionnelle.
- Le compas : symbolise la nécessité de tracer des limites, de respecter celles des autres, et de chercher l’équilibre.
Conclusion : des outils pour bâtir, des symboles pour penser
Le symbolisme et les outils de la franc-maçonnerie ne sont pas de simples ornements. Ils constituent le cœur même de la démarche initiatique :
- Ils rendent tangibles des concepts abstraits.
- Ils structurent la progression spirituelle et intellectuelle.
- Ils créent un langage commun entre les frères, tout en laissant place à l’interprétation personnelle.
- Ils rappellent que la franc-maçonnerie est une école de la vie, où l’on apprend en agissant et en réfléchissant.
« La franc-maçonnerie n’est pas une doctrine, mais une méthode. Ses symboles et ses outils en sont les instruments. » — Roger Dachez, historien de la franc-maçonnerie
Solidarité : Comment s’exerce la solidarité dans et hors la loge ?
- La solidarité maçonnique est à la fois une pratique interne (fraternité entre membres) et une action externe (engagement social).
- Elle repose sur l’idée que l’amélioration de soi passe aussi par l’amélioration du monde.
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Travail : comment se fait le travail de l’initié.e ?
Le travail du franc-maçon (en tenue et dans le monde profane)
Introduction
Que signifie « travailler » comme franc-maçon ? Ici, « travail » ne désigne ni un labeur manuel ni une activité professionnelle : c’est une démarche intérieure, collective, symbolique, philosophique. Ce double champ — le travail en tenue (dans la loge) et dans le monde profane — se conjugue pour former une voie de transformation personnelle, fraternelle et sociétale.
Le lecteur est invité à cheminer dans cette page comme on méditerait une « planche » ou un essai : s’arrêter, relire, revenir sur des mots clefs, poser ses propres questions.
1. Trois formes du discours maçonnique : planche, présentation, dissertation
Avant de plonger dans le contenu du travail, il est utile de distinguer trois formes de discours que l’on rencontre en loge :
- La planche philosophique ou sociétale : c’est une communication, un exposé structuré autour d’un thème, souvent personnel, et livré devant les frères et sœurs en loge. Elle peut susciter débat, commentaires, enrichissements.
- La présentation : plus « extérieure », destinée parfois à un public profane ou mixte, moins centrée sur la tension intérieure, davantage sur l’information, le partage.
- La dissertation : forme académique plus rigoureuse, centrée sur une problématique, une thèse, des antithèses, une synthèse. En loge, elle n’est pas la forme dominante, mais dans certains ateliers, on y recourt pour structurer le propos avec rigueur.
La différence essentielle réside dans l’intention : une planche cherche à éveiller, à inciter à réflexion et à dialogue entre maçons ; une présentation vise à éclairer un auditoire plus large ; une dissertation impose un cadre méthodique moins flexible. En loge, on privilégie la planche pour son ouverture et sa dimension vivante.
Quand un frère ou une sœur « monte en planche », cela signifie qu’il ou elle offre à la loge un matériau — des réflexions, questions, pistes — à polir collectivement. Le travail ne se termine pas dans l’instant de l’allocution : il se prolonge dans les échanges, les réactions, les approfondissements.
2. Le « 5 minutes de symbolisme »
À chaque planche ou présentation, une pratique courante est le « 5 minutes de symbolisme » : c’est un moment bref — cinq minutes environ — où l’on met en lumière un symbole, un motif, une image (du rituel, de l’iconographie, de la tradition), et on en propose une lecture, ou une résonance personnelle ou collective.
Ce petit temps n’est pas un cours symbolique ex cathedra : c’est une invitation à sentir l’empreinte d’un symbole dans le thème traité, à laisser la pensée glisser vers des correspondances. Il ne s’agit pas d’enseigner tous les sens du symbole, mais d’ouvrir une fenêtre, de réveiller le symbolique latent.
3. Travail individuel, travail de loge, triangulation collective
Une des forces de la démarche maçonnique est de faire passer le travail du simple effort individuel à un effort partagé, socialisé, collective : c’est ce qu’on peut appeler la triangulation.
- Le travail personnel : le frère ou la sœur réfléchit, s’interroge, lit, médite…
- Le partage en loge : la planche, le débat, le questionnement commun portent ce travail plus loin, le confrontent, le nourrissent.
- L’impact vers l’extérieur : les réflexions, les prises de conscience acquises peuvent irriguer le quotidien (dans son milieu professionnel, social, familial).
La triangulation transforme ce qui pourrait rester une quête solitaire en un engagement collectif : la loge devient un laboratoire d’idées, d’expériences spirituelles, de liens fraternels. Le travail de chacun enrichit le tout, et le tout stimule la progression de chacun.
C’est dans cet aller-retour — je → nous → monde — que la démarche maçonnique trouve sa cohérence et son espoir : un franc-maçon travaille pour lui-même, pour son atelier, pour la société.
4. Le lien avec les statuts du GODF et les Constitutions : citations et fondements
Le Grand Orient de France institue dans ses textes fondamentaux le cap, le cadre et les obligations morales de la démarche.
- L’article premier de la Constitution du GODF déclare :
- « La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’humanité. Elle a pour principe la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience. »
- Le Règlement Général du GODF stipule :
- « Toute Loge doit remettre à chaque initié un exemplaire de la Constitution et du Règlement Général » (Article 79 du RG)
- Il est précisé dans le Règlement :
- « Lors de l’ouverture des travaux, il est notamment indispensable de donner lecture de l’article 1er de la Constitution qui rappelle les buts de notre Obédience. »
Ces textes ne sont pas de simples oripeaux formels : ils inscrivent le travail maçonnique dans un horizon éthique et institutionnel. Tout travail de loge doit respecter la Constitution et le Règlement Général, et l’Orateur est le gardien vigilant de cette conformité.
Ces citations montrent que le travail du franc-maçon ne se situe pas hors d’un cadre, mais qu’il est éclairé, dirigé, sécurisé par une architecture morale et institutionnelle.
5. Finalités du travail maçonnique
a. Pour le franc-maçon (individuel)
- Se connaître, s’interroger, affiner sa conscience morale
- Acquérir des « outils de pensée » (prise de recul, dialectique, lecture symbolique)
- Cultiver le silence, l’humilité, l’ouverture au mystère
- Faire de son être une résonance progressive plus cohérente (vers plus de liberté intérieure, de lucidité)
b. Pour la loge (le groupe)
- Devenir un laboratoire fraternel d’expériences intellectuelles, spirituelles et symboliques
- Favoriser les échanges, la diversité des sensibilités, le débat respectueux
- Accroître la cohésion du groupe par le partage de travaux communs
- Élever la qualité des planches, des débats, des suggestions pour que toute loge soit un lieu d’émulation, de transformation collective
c. Pour la société
- Ensemencer des idées, des prises de conscience, des valeurs de tolérance, de fraternité, de progrès
- Inspirer dans les marges, dans les relations humaines, dans l’engagement civil
- Montrer qu’une démarche de transformation intérieure ne s’oppose pas à l’action sociale, mais la nourrit
- Offrir une « contre-pulsion » à l’individualisme, à la fragmentation du lien social
Ainsi, ce travail n’est pas une fuite dans l’ésotérisme, mais une approche du monde par le biais du symbolique, un acte militant discret mais profond.
6. Sur soi, mais pas une psychothérapie
Il est souvent dit (et implicitement compris) que le travail maçonnique n’est ni psychanalyse, ni psychothérapie. Cela importe d’insister sur cette nuance :
- Le franc-maçon ne vient pas chercher un thérapeute, mais un éveil.
- Chaque participant garde son libre arbitre, sa responsabilité, son ressenti, sans dépendance.
- Le travail maçonnique utilise la symbolique, la métaphore, l’introspection, mais sans prétendre soigner les maux de l’âme comme le ferait une méthode clinique.
- La démarche est volontaire, éclairée, limitée par le cadre maçonnique.
Ce que le franc-maçon construit en lui-même, il le fait dans la mesure de sa liberté, dans le respect de son rythme, avec l’aide fraternelle du groupe, et non dans une dynamique de thérapeute-patient.
7. Méthode maçonnique : l’Art royal
Quand on parle de méthode maçonnique — de l’art royal — on évoque un mode de progression : initiation, symbolisme, dialectique, élévation progressive, équilibre entre silence et discours.
Quelques traits caractéristiques (sans détailler les outils) :
- L’initiation progressive, en degrés, pour permettre l’assimilation graduelle.
- Le symbolisme ouvert, qui n’impose pas une lecture figée, mais suscite des intuitions, des recoupements, des correspondances.
- L’alternance entre silence et parole : la méditation, l’écoute, l’appropriation intérieure, mais aussi l’échange, l’éruption du sens.
- La règle (ou cadre) : toute loge fonctionne selon une Constitution, un règlement, des usages, des rôles. Le travail doit se dérouler dans ce cadre pour garantir l’authenticité, la liberté responsable, la cohérence.
- La co-responsabilité : chaque membre, par sa participation au travail collectif (planche, commentaire, retour), contribue à l’élévation du sanctuaire loge.
- Le souci du vivant : on attend que les planches ne restent pas lettres mortes, mais qu’elles poursuivent leur vie dans les cœurs, dans les échanges, dans l’action.
L’Art royal n’est pas un ersatz de science ou de technique : c’est une démarche de l’esprit et du cœur, un chemin de questionnements.
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Webographie : quels sont les liens vers des sites utiles ?
a. Sites de loges GODF (toutes régions confondues)
- Répertoire de sites de loges maçonniques francophones
- Ce répertoire recense 121 sites de loges, dont 75 du GODF, avec des liens vers des loges en Île-de-France et ailleurs.
- Exemples :
- Loge « Giordano Bruno » (Le Perreux-sur-Marne, 94)
- Franc-maçon – Loge Unité-Solidarité du Perreux-sur-Marne
- Loge « Jean Jaurès » (Nogent-sur-Marne, 94)
- Loge l’Eveilleur – Franc Maçonnerie – REAA – Vitry-sur-Seine (94)
- Loge « Atelier Voltaire » (Boussy-Saint-Antoine, 91)
- Loge « Aire d’Hiram » (Palaiseau, 91)
- Valmy 1792 – Franc-maçonnerie en Seine et Marne à Pontault-Combault .
- Le blog de « La Parfaite Union » – Des informations sur les préoccupations, les domaines d’intérêt d’une loge du Grand Orient de France,la Parfaite Union à l’Orient de Lagny(77)
- Loge « La Commune » (Paris, GODF)
- Loge « Sine Cera », « Imagine », « l’Aurore Sociale » (Troyes, GODF)
b. Portail officiel du GODF
- Site officiel du Grand Orient de France Le site central du GODF propose une carte interactive des loges, des actualités, des publications et des ressources pour les membres et le grand public.
c. Autres ressources utiles
- Obédiences maçonniques en France Présentation des principales obédiences, dont le GODF, avec des liens vers leurs sites officiels.
2. Réseaux sociaux et visibilité des loges
a. Facebook
- Loge « Giordano Bruno » (Le Perreux-sur-Marne, 94) : Page Facebook
- Loge « Jean Jaurès » (Nogent-sur-Marne, 94) : Page Facebook
- Loge « Atelier Voltaire » (Boussy-Saint-Antoine, 91) : Page Facebook
b. Autres plateformes
- YouTube : Des chaînes comme La Chaîne d’Union ou Franc-Maçonnerie TV publient des conférences et des débats maçonniques.
- Blogs et médias : La Chaîne d’Union, Hiram.be, Blog « Le Blog du Maçon ».
- Sites institutionnels : BnF – Fonds maçonniques, Musée de la Franc-Maçonnerie, Centre de Documentation du GODF.
- Sites d’obédiences : Grande Loge Féminine de France, Droit Humain, Grande Loge de France.
